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Anticiper son reclassement

Pas de doute, l'orage arrive. Votre entreprise vient d'entériner ses noces avec son plus féroce concurrent, et la vague des licenciements économiques n'est plus loin. Certes, l'inquiétude n'est pas un bon moteur pour agir phase d'interrogation alors inéluctable vous contraint plutôt à la paralysie qu'à un exceptionnel dynamisme. Mais un conseil : écourtez au plus vite cette phase de torpeur. Votre entreprise va devoir, avant de décider de votre licenciement, vous prouver qu'elle n'a pas pu vous reclasser. Et démontrer noir sur blanc qu'il lui a été impossible de vous dénicher un poste à vos mesures, tout du moins correspondant à vos aptitudes ou vos propres aspirations. Reste que tous les employeurs ne s'adonnent pas à l'exercice avec une minutie exemplaire. Dans de nombreux cas, ils s'acquittent de cette obligation en proposant un poste au salarié, plus ou moins intéressant pour lui en termes d'évolution ou de projet professionnel. Alors pourquoi ne pas monter soi-même au créneau ? Rien ne vous empêche en effet de prendre l'initiative de réfléchir sur vos projets de reclassement, sans attendre que votre responsable hiérarchique le fasse à votre place. Vous pouvez profiter de la situation pour évoluer en interne, ou concrétiser les projets que, jusqu'ici, vous n'osiez pas engager. Prenez rendez-vous avec votre responsable des ressources humaines ou votre DRH, et soumettez-lui des propositions. En dehors de ce contexte, un refus pourrait être perturbant, voire pénalisant. Mais dans la perspective d'un licenciement, vous n'avez strictement rien à perdre. Sachez en outre qu'une solution de reclassement doit être recherchée dans l'entreprise, mais aussi au niveau du groupe si vous travaillez dans une structure à filiales, ou internationale. Dans le cadre d'un plan social, votre reclassement doit être aussi envisagé dans une autre entreprise. N'hésitez pas à jouer la carte de la mobilité externe. D'autant que la loi de modernisation sociale octroie désormais aux salariés des grandes entreprises (plus de 1 000 salariés) un congé de reclassement pouvant aller jusqu'à neuf mois, formation à l'appui. Une démarche qu'il peut être utile de faire mûrir à l'avance.