ARRETER DE FUMER EST UN GUIDE POUR ARRETER LE TABAGISME. NON AU TABAC
   
COMMENT ARRETER DE FUMER

5 - Quels sont les moyens recommandés pour arrêter de fumer ?




 

Les moyens pour arrêter de fumer sont nombreux et d’efficacité inégale. Pour vous aider à bien choisir, nous vous les présentons en distinguant trois catégories :

– les méthodes recommandées,
– les méthodes possibles,
– les méthodes à éviter absolument.

Attention, toutes les méthodes ne conviennent pas à tout le monde. Vous pouvez en essayer une isolément ou plusieurs.
Faites particulièrement attention aux publicités mensongères, et choisissez de préférence les méthodes recommandées.

Les méthodes recommandées

L’efficacité des méthodes ci-dessous est démontrée. De nombreux scientifiques établissent la réalité de leur action. Il s’agit des moyens suivants, parfois complémentaires :

– les psychothérapies comportementales et cognitives,
– les substitutions nicotiniques (gommes et timbres),
– les psychotropes.

Les méthodes possibles

Les moyens qualifiés ici de " possibles " n’ont pas fait la preuve scientifique de leur efficacité. La plupart des spécialistes estime que leurs intérêts sont ceux d’un effet placebo.

– L’acupuncture,
– L’auriculothérapie,
– L’homéopathie,
– La mésothérapie,
– L’hypnose,
– Le " plan de cinq jours ",
– Les thérapies de groupes.

* éviter absolument

Attention, méfiez-vous des recettes miracles proposées par des publicités mensongères.


Les méthodes recommandées

– Les psychothérapies comportementales et cognitives,
– Les substitutions nicotiniques (gommes et timbres),
– Les psychotropes.
– Une nouvelle molécule : le bupropion, Zyban® (septembre 2001)

Les psychothérapies comportementales et cognitives

Les thérapies comportementales et cognitives (TCC) constituent une approche nouvelle en psychologie. Elles reposent essentiellement sur l’apprentissage et l’analyse des pensées.
La psychothérapie a pour objectif, par un nouvel apprentissage, d’aider le sujet à se débarrasser du comportement anormal. Les approches cognitives considèrent non seulement le comportement observable, mais les idées et les pensées ou " cognitions " que le sujet se fait de son comportement et de son environnement. Les TCC constituent une discipline scientifique reposant sur des données expérimentales vérifiées et évaluées. Elles sont indispensables et interviennent aux diverses étapes successives de l’arrêt du tabac : la motivation, la préparation, l’arrêt, la prévention des récidives.

Informations pour les professionnels de santé
Les thérapies comportementales se prêtent moins aisément que les méthodes pharmacologiques à la méthodologie d’évaluation médicale (randomisation, double insu, groupe témoin, mesures biologiques). Il est difficile d’isoler l’agent actif et de recueillir des données homogènes en raison de la diversité des pratiques et de leur contingence. Néanmoins, certaines études contrôlées plaident en faveur de cette méthode. En France, le nombre des thérapeutes comportementalistes est faible, et la plupart d’entre eux est peu concernée par le sevrage tabagique. Source : ANAES (conférence de consensus, 8 et 9 novembre 1998).

Les substituts nicotiniques (gommes et timbres)

Le traitement de substitution nicotinique est recommandé dès que la dépendance physique au tabac est présente, c’est-à-dire dès que l’arrêt de la cigarette est suivi d’un syndrome de sevrage. La substitution nicotinique se propose d’apporter sous une forme autre que le tabac la nicotine dont le fumeur dépendant peut avoir physiologiquement besoin. Ce traitement est efficace à condition que les doses et la durée soient rigoureusement adaptées à chacun.
Deux présentations sont utilisées en France :

– la gomme-nicotine (" chewing-gum "),
– le timbre.

La gomme-nicotine : Depuis 1997, les gommes dosées à 2 mg sont en vente en pharmacie, sans ordonnance. Les gommes à 4 mg restent disponibles sur prescription médicale (avec l’aide d’un médecin). Plusieurs essais thérapeutiques ont montré la réalité de l’action de la gomme nicotine à condition que, le mode d’utilisation soit correct, et que la dose et la durée du traitement soient suffisantes. Pour obtenir une bonne efficacité de la gomme nicotine, suivez ces quelques conseils :

– la gomme doit être plutôt sucée au début, puis mâchée très lentement pendant 30 à 40 minutes ;
– la nicotine passe dans la salive, et est absorbée lentement à travers la muqueuse buccale. Si, la mastication est trop rapide, la nicotine diffuse trop vite. Elle provoque une hypersalivation, et parfois des brûlures gastriques ou du hoquet. Avalée, elle est alors inefficace car détruite en grande partie dans le foie.

Le timbre-nicotine : Cette méthode permet d’apporter la nicotine par absorption cutanée et évite les difficultés rencontrées avec la gomme. La peau absorbe, en effet, très bien de nombreuses substances, en particulier la nicotine. En utilisant des timbres de surfaces variables, votre médecin peut choisir et moduler les doses appropriées à votre situation. Ce traitement est disponible en pharmacie sans ordonnance (arrété du 30.11.99. JO du 5.12.99).
Informations pour les professionnels de santé :
Pour plus de précisions, les professionnels de santé peuvent consulter le texte des recommandations de la conférence de consensus de l’ANAES (rubrique " Adresses et acteurs " )

Les psychotropes

Les médicaments psychotropes sont des médicaments qui agissent sur le psychisme, soit comme stimulants, soit comme calmants. Chez les fumeurs à forte dépendance, l’association de troubles psychologiques est fréquente. Dans le cas d’une prise en charge médicale, les médicaments psychotropes sont utiles pour lutter contre l’anxiété et les états dépressifs. Leur prescription ne doit pas être systématique. La place et le choix de ces traitements sont définis par le médecin.
Le recours aux produits psychotropes, anxiolytiques et/ou antidépresseurs, lors de l’arrêt du tabac a été proposé par plusieurs auteurs. Toutefois, il importe de bien distinguer l’indication de ces traitements pour traiter un trouble psychiatrique patent dont l’intérêt est reconnu, d’une éventuelle indication au cours du sevrage, en dehors de toute pathologie psychiatrique. Dans ce dernier cas les données actuelles nécessitent d’être confirmées.

Une nouvelle molécule : le bupropion, Zyban® (septembre 2001)

ZYBAN® (bupropion) est commercialisé en France depuis le 17 septembre 2001 dans l'indication "aide au sevrage tabagique accompagné d'un soutien de la motivation à l'arrêt du tabac chez l'adulte présentant une dépendance à la nicotine".
ZYBAN® est disponible uniquement sur prescription médicale dans le respect strict des contre-indications et précautions d'emploi telles qu'elles sont définies dans l'autorisation de mise sur le marché. La récente mise sur le marché de ZYBAN® ne permet pas d'établir un bilan précis sur les conditions de d'utilisation et les résultats du sevrage tabagique en France. Par ailleurs, des effets indésirables ont été signalés. pour en savoir plus, se reporter au communiqués de presse
- du Ministère de l'Emploi/Solidarité (18/01/02), en cliquant sur ce lien
- de l'AFSSAPS (agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) en cliquant sur ce lien .
Attention, en cliquant sur ce lien, vous quittez le site du Ministère Emploi/Solidarité.


Les moyens possibles

Le choix du terme " moyens possibles " mérite une explication. Nous avons regroupé sous ce qualificatif des méthodes de caractère empirique (à effet non scientifiquement démontré, ou insuffisamment démontré). Celles-ci peuvent être utiles dans deux situations :

1. Si le fumeur " y croit ". Dans ce cas, le moyen peut renforcer la motivation, et permettre à l’effet placebo de se développer.
2. Si ces moyens sont utilisés en parallèle avec le soutien psychologique et l’accompagnement du médecin. Dans ce cas, elles sont utiles en association des conseils généraux du médecin.

Ces intérêts ne doivent pas cacher un inconvénient : lorsque le sujet est très dépendant au tabac les méthodes possibles ne sont pas dès plus adaptées, et particulièrement pour lutter contre le syndrome de sevrage.
La personne court le risque d’une longue démotivation, et pourrait croire que " rien ne marche ".
Les méthodes regroupées sous ce terme sont toutes différentes. Demandez à votre médecin celle qu’il pense être la plus adaptée pour vous (sans oublier bien sûr de prendre en compte les moyens recommandés).
Les moyens possibles que nous avons recensés sont les suivants :

– l’acupuncture,
– l’auriculothérapie,
– l’homéopathie,
– la mésothérapie,
– l’hypnose,
– le " plan de cinq jours ",
– la thérapie de groupe.

L’acupuncture

L’acupuncture est une thérapeutique consistant dans l’introduction d’aiguilles très fines, en des points précis des tissus ou des organes où elles demeurent pendant un temps variable. Elle repose sur les principes de la médecine chinoise traditionnelle. Dans cette optique, la piqûre en certains points précis du corps " stimulerait les réseaux d’énergie " et entraînerait une diminution du besoin de fumer.

L’auriculothérapie

L’auriculothérapie consiste à placer un fil dans l’oreille (pendant deux à trois semaines). Son principe peut être rapproché de celui de l’acupuncture car elle dérive également de la médecine chinoise traditionnelle. Selon cette optique, l’envie de fumer serait diminuée.

L’homéopathie

L’homéopathie est une méthode thérapeutique qui consiste à soigner les malades au moyen de remèdes (à doses infinitésimales obtenues par dilution) capables, à des doses plus élevées de produire sur l’homme sain des symptômes semblables à ceux de la maladie à combattre.
Certains homéopathes utilisent un extrait de " tabacum ". En fait, ce produit est destiné au traitement des très rares cas d’allergie au tabac (dont l’existence est contestée). Le sevrage tabagique n’est pas une bonne indication de cette substance.

La mésothérapie

La mésothérapie est un traitement local par introduction dans le derme de micro-doses médicamenteuses au moyen de courtes aiguilles groupées en batterie. Les substances utilisées varient d’un praticien à l’autre.

L’hypnose

L’hypnose est un sommeil provoqué par des manœuvres spéciales ou par des médicaments hypnotiques. Elle se rapproche des psychothérapies cognitives ayant pour objectif de modifier les pensées profondes du sujet vis-à-vis de l’utilisation du tabac. Selon les promoteurs de cette méthode, seuls certains sujets dits " répondeurs " pourraient bénéficier de cette approche.

Le " plan de cinq jours "

On appelle " plan de cinq jours " une aide psychologique programmée dans un intervalle de temps bien déterminé (c’est-à-dire sans aucun suivi des candidats au sevrage au-delà des cinq jours fixés). Cette approche dérive d’une méthode mise au point aux ?tats-Unis par les adventistes du septième jour (communauté religieuse chrétienne). Elle peut être rapprochée des psychothérapies comportementales et cognitives.

Les thérapies de groupes

Pour arrêter de fumer, vous pouvez également recourir à des stratégies de groupe. Là encore, c’est un choix qui vous revient : certaines personnes refusent ce type de prise en charge, d’autres au contraire peuvent y trouver des avantages ; discuter avec d’autres fumeurs de toutes les difficultés, les confronter aux siennes, échanger les expériences peut indiscutablement être bénéfique pour aider à réussir les indispensables modifications psychologiques, et faire l’apprentissage de nouveaux comportements. Les arrêts en groupe dans le cadre des entreprises, à condition d’avoir la collaboration de réels professionnels du sevrage tabagique, apportent des avantages très intéressants. Pour les actions de groupe, il est utile que les séances durent au moins trente minutes avec cinq à sept sessions, sur une durée de quatre semaines, le nombre optimum de participants étant de huit à douze. L’analyse de l’efficacité a été faite : plus le soutien est important, plus grandes sont les chances de réussite.

* éviter absolument

Attention, méfiez-vous des recettes miracles proposées par des publicités mensongères. Beaucoup de journaux et de magazines, français ou étrangers, vantent les mérites de méthodes plus ou moins " miraculeuses ". Méfiez-vous des fausses promesses ou même des mensonges. Les " plantes suisses ", le laser, certaines adresses de " pseudo-centres " antitabac, les infrarouges, peuvent cacher des " arnaques ". Il faut savoir que beaucoup de ces méthodes peuvent voir leur publicité interdite lorsqu’il n’est pas établi qu’un objet, un appareil ou une méthode possède les propriétés annoncées (champs d’application de l’article L. 5122-15 du code de la Santé publique).


1 - Où en êtes-vous avec votre tabagisme ?
2 - Comment s’arrêter de fumer ?
3 - Comment se motiver pour arrêter ?
4 - Quand faire appel à un médecin ?
5 - Quels sont les moyens recommandés pour arrêter de fumer ?
6 - Qu’est-ce que le syndrome de sevrage ?
7 - Comment éviter les rechutes ?
8 - Que faire en cas de besoin impérieux de cigarettes ?